L’histoire de la fabrique nyonnaise de pâtes alimentaires Sangal SA
Pourquoi, la Chinoise ? Depuis des siècles les Chinois consomment des pâtes. Marco Polo les ramena en Europe au XIIIème siècle, plus précisément en Italie. De là l’opinion courante qui attribue l’invention des pâtes aux Italiens. Avec ce nom “La Chinoise” Sangal a voulu rappeler la véritable origine de cet aliment.
Cette industrie nyonnaise n’a pas passé le cap du nouveau millénaire, elle a quitté Nyon en 1999. Etablie alors “en Champ-Colin” sur un site de 19′000 m2 proche de l’autoroute, elle dut sa création au processus de concentration de la branche des pâtes alimentaires à laquelle Sangal participa. Construite en 1974, cette fabrique était l’une des plus modernes de Suisse, avec pas moins de 4 lignes de production. Sa situation lui permet de profiter de la proximité des voies autoroutières pour son ravitaillement et ses livraisons.
En 1961 l’entreprise prend le nom de Sangal SA, une contraction de son ancien nom Sandoz-Gallet, pour suivre la mode des slogans courts et sonores.
En 1955, la société créa un de leur produit phare : les fameuses “nouillettes La Chinoise”. La renommée de ce produit fut si grande que l’appelation “La Chinoise” devint une marque à part entière. Où ces pâtes étaient-elle produites ? Dans une usine construite en 1884-1885, et qui se modernisa au fur et à mesure de l’évolution des techniques de production. Elle côtoyait les voies de chemin de fer, derrière la gare à la rue des Marchandises. M. Sandoz-Gallet, le nouveau propriétaire, avait choisi cet emplacement pour se rapprocher du rail, qui représentait alors l’avenir des transports.
La deuxième usine avait remplacé la première complètement détruite par un incendie en 1883. Le propriétaire d’alors, M. Boch-Lambert, découragé passa le relais à son neveu Sandoz-Gallet venu de la Chaux-de-Fonds. Le premier fondateur Charles-Auguste Favre développa son usine pendant vingt ans avant de la remettre. Cette première fabrique avait vu le jour en 1860, à Rive, au bord du Léman. A l’époque les transports s’effectuaient par voie lacustre, ce qui dicta cette implantation. L’usine livrait aussi bien en France qu’en Suisse.
Pendant plus de cent ans on a fabriqué des pâtes dans notre ville. Elles étaient fabriquées à base de la semoule de blé dur. La culture de ce blé dur n’était pas possible en Suisse pour des raisons climatiques. Le Canada et les Etats Unis étaient leurs principaux fournisseurs. La mouture pour obtenir la semoule est produite par les moulins suisses, pour les pâtes “La Chinoise” la semoule provenaient des “Moulins de Cossonay SA” ou des “Moulins Rod SA, à Orbe”. Si on peut toujours déguster des pâtes La Chinoise elles ne sont malheureusement plus fabriquées à Nyon.
En parlant des moulins Rod si vous cherchez un but d’excursion, dans les locaux de ces aniens moulins une association présente aujourd’hui leur histoire et celle de la région, de manière très conviviale. Consultez le site www.eau21.ch pour plus de renseignements.
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Ce blog est toujours passionnant à lire. Il (re)met en lumière certains pans (mé)connus de l’histoire nyonnaise. A chaque fois c’est une découverte. Les archives demeurent bien vivantes à travers sa lecture. Un grand merci pour votre formidable travail !
Commentaire par Guillot — 16 octobre 2009 @ 10:29
Bravo, cette page est très bien réalisée et elle nous permet de nous plonger dans l’histoire du patrimoine industriel nyonnais et même régionnal.
Le musée historique possède dans ses collections toute une série d’objets et de produits de la Chinoise de Nyon (paquet de pâtes, objets publicitaires, photos..) Encore merci pour ce récit relatant
une page de l’histoire industrielle nyonnaise. Cordialement.
Commentaire par Ruffieux Blaise — 27 novembre 2009 @ 13:07
Je suis émue de voir ces anciennes photos car mon père, Jacques Gavillet, a été représentant (avec la voiture coccinelle publicitaire) pour les pâtes La Chinoise et responsable à la fabrication dans l’ancienne usine près de la Gare pendant de nombreuses années.
Commentaire par guillermin-gavillet Monique — 27 février 2011 @ 14:21